L’art de lire les résultats de sondages!

André Poirier, enseignant en Techniques de recherche et de gestion de données 

En cette époque où nous sommes ensevelis sous les sondages dans les médias, particulièrement en période électorale, l’interprétation des données revêt une importance capitale. Et comme citoyen, il faut les recevoir avec un certain esprit critique. 

Tout d’abord, chaque sondage s’accompagne d’une marge d’erreur, dont trop peu de journalistes tiennent compte au moment de publier des résultats. Peut-être as-tu déjà lu en petits caractères à la fin de la présentation d’un sondage : « La marge d’erreur maximale est de +/- 4 %, 19 fois sur 20 ».   

Lorsqu’on réalise un sondage, on parle à un échantillon d’individus, le plus souvent 400, 600 ou 1000 répondants. Comme on ne s’adresse qu’à une fraction de la population, les résultats obtenus ne sont pas exactement ceux que l’on observerait si on interrogeait toute la population. Par exemple, un sondage paru récemment dans le Journal de Montréali révélait que 58 % de 500 jeunes âgés entre 18 et 34 ans jugeaient peu ou pas du tout important de se faire aborder en français dans les commerces du centre-ville de Montréal. La réalité se situe plutôt à quelque part entre 54 % et 62 %. Il est encore plus important de tenir compte de ladite marge d’erreur lorsqu’on compare deux pourcentages. Par exemple, le journal révélait que les 18-34 ans (58 %) étaient plus nombreux que les 35-54 ans (53 %) à juger « pas important » d’être servi en français. En réalité, cette différence n’est pas significative sur le plan statistique. Souvent, les médias présentent des résultats de sondages, notamment sur des courses électorales, et affirment qu’un tel parti est en avance sur un autre, alors que dans les faits, le second a autant de chance d’être élu que le premier. 

Outre la marge d’erreur, il faut également s’intéresser au commanditaire du sondage, qui peut influencer la formulation des questions et par le fait même les résultats.  À titre d’exemple, une firme publié deux sondageau cours du même mois sur le sujet des baisses d’impôt. Dans le premier, paru dans un quotidien montréalais plutôt progressiste, 66 % des répondants affirmaient préférer un réinvestissement en santé, en éducation, pour les familles et pour les aînés à une baisse d’impôt (34 %). Dans un autre, cette fois-ci commanditée par une organisation conservatrice, la conclusion était toute autre : 67 % des personnes interrogées alléguaient en effet payer trop d’impôtSi un décideur se fiait à ces sondages, il prendrait la décisionsoit d’augmenter les services aux citoyens (1er sondage), soit couper les impôts (2e sondage). Comme quoi un manque de contextualisation ou une question biaisée peut facilement confondre le lecteur. Personnellement, comme spécialiste de la recherche, je préfère de loin la première question, qui propose un arbitrage entre une baisse d’impôt et plus de service. Quant à la secondeles résultats étaient tout à fait prévisibles : rares sont les gens en effet qui ne considèrent pas payer trop d’impôt! 

En conclusion, lorsque tu consultes un sondage, dis-toi que les résultats présentés comportent toujours une marge d’erreur en plus ou en moins. Aussi, porte attention à qui commandite le sondage. A-t-il un biais politique, économique ou social?  À ce sujet, le Conseil de presse du Québec a publié un Petit guide pratique sur la présentation des sondages à l’intention des journalistes, mais qui devrait intéresser quiconque attiré par la recherche : https://conseildepresse.qc.ca/actualites/nouvelles/petit-guide-pratique-sur-la-presentation-des-sondages/  

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