Pour l’instant

Celles et ceux que la poésie habite trouvent chaque année un lieu privilégié où dévoiler leurs œuvres. « Pour l’instant » est un recueil intercollégial de poésie qui ouvre ses pages aux jeunes auteurs des cégeps.

Comment participer

  • Les étudiants de l’enseignement régulier peuvent y participer; 
  • Il suffit de présenter un poème dactylographié en français, à simple interligne, et qui ne doit pas dépasser 36 lignes, titre inclus;
  • Le thème du poème est entièrement libre;
  • Un étudiant peut soumettre jusqu’à 3 poèmes par session.

Comment soumettre un poème

  • Il n’y a pas de date limite pour soumettre un poème;
  • Les poèmes soumis avant le 1er novembre 2021 feront l’objet d’une sélection auprès d’un jury pour avoir la possibilité d’être publié dans le recueil intercollégial de poésie 2021-2022;
  • Les poèmes soumis après le 1er novembre 2021 feront l’objet d’une sélection auprès d’un jury pour avoir la possibilité d’être publié dans le recueil intercollégial de poésie 2022-2023;
  • Les poèmes doivent être envoyés par courriel à dsaboori@crosemont.qc.ca en y indiquant prénom, nom, numéro étudiant, adresse postale et numéro de téléphone;
  • Il faut indiquer le titre en gras au-dessus du poème. Si le poème n’a pas de titre, merci d’indiquer « Sans titre ».

Un jury local sélectionnera les trois poèmes à chaque automne qui seront soumis au concours national et automatiquement publiés dans le recueil de poésie « Pour l’instant », qui paraitra en mai.

30e édition : lancement du recueil le 13 mai 2022, au Collège Ahuntsic

Le concours national récompense les auteurs des trois meilleurs poèmes parmi tous ceux qui auront été envoyés par les différents collèges:

  • 1er prix : 650 $
  • 2e prix : 400 $
  • 3e prix : 250 $

Des exemplaires du recueil de poésie « Pour l’instant » sont disponibles gratuitement au local F-369 ou au local F-375.

Pour l’édition 2021-2022, les trois étudiants gagnants du Collège de Rosemont sont :

  • Rachel Larivière, pour son poème Avant l’izba
  • Jennifer Caron Molleur, pour son poème La nature et son image
  • Alexandrine Lebeau, pour son poème Loup & fuite 

Les trois gagnants du Collège remportent une carte-cadeau de la COOP d’une valeur de 25 $.

Voici les textes lauréats du Collège

Avant l’izba

Souvenirs d’une mort avortée
Se chevauchant à quatre pattes
Abymes, abysses, abîmés
L’un dans l’autre comme des blocs de bois
Vos mains qui sculptent les branches
Avec votre couteau

Le sable est dans les vêtements
Comme la sève est dans les arbres
Minuscules dans la forêt
Votre poignard minuscule
Que vous aiguisez sur les cailloux
Sur les murs des immeubles que vous frôlez en marchant dans la ville

Figurines aux regards vides
Trônant sur l’étagère au-dessus du lit
Sans rien déranger d’autre
Je boirai vos chagrins
Et faneront les fleurs sur la table de chevet
Elles sont
Centaines de flocons de votre jeunesse

Est-ce le feu ou est-ce l’eau
Que vos mains tendues me quémandent
Un peu rudes un peu abruptes
Comme le chemin pavé de briques
Qui mène à votre porte
Symphonie de lierre et de sapins
Tout disparait quand tombe le jour

Vous chat sauvage
Vous pupille vous paupière
Quand le soleil plombe dans le ciel
Et que m’inonde votre odeur
Je ferme les yeux pour ne plus rien voir
Et fait battre mes jambes au rythme des oiseaux-mouches

– Rachel Larivière

La nature et son image

Ce n’est qu’une feuille morte.

Est-ce possible qu’elle existe seulement pour moi? Seulement pour que je la photographie?

Est-possible que nous sommes tous les deux dans l’illusion qu’elle existe seulement pour ce que son image puisse m’offrir? Et mon image, serait-elle plus belle si je m’inspire de la sienne?

Et si je prenais le temps de l’écouter, me raconterait-elle les secrets de son univers? Et surtout, serait-elle encore aussi belle?

Et si je prenais le temps de m’écouter en sa présence, est-ce que je connaîtrais enfin les secrets de mon univers? Si oui, serais-je toujours aussi belle?

Mais, si ce qu’elle a à accomplir n’avait rien à voir avec moi? Pourquoi je serais intéressée à connaître son histoire si elle ne rendra pas la mienne plus belle?

Mais si, juste si, elle dévoile ses secrets, est-ce que je connaîtrais, en plus, les secrets des générations infinies de feuilles mortes qui l’ont précédé?

Est-ce que je comprendrais pour de bon que le soleil et la lune ne s’arrêtent pas pour les saisons, ni pour les images captivantes?

Est-ce que je comprendrais que ce n’est pas qu’une feuille morte, mais l’œuvre parfaite composée d’ombre et de lumière?

Et si je lui laisse sa place au soleil, est-ce que je vais encore briller moi aussi?

Mais si je la photographie le temps d’un souvenir, est-ce qu’elle partira quand même avec les générations de feuilles mortes qui l’ont précédé? Est-ce que je partirai moi aussi de la même façon?

Si je la laisse aller un jour et que j’oublie ce qu’elle m’a enseigné, est-ce que le soleil et la lune brilleront toujours?

Si le vent souffle sur elle et l’apporte ailleurs, est-ce qu’elle reviendra? Serons-nous de nouveau réunis?

Est-ce qu’elle me dira que son empreinte sur la terre comme dans mon cœur représente la vie et non la mort?

Et si le jour ne revient pas après la nuit, est-ce que l’œuvre de notre existence commune n’était qu’une image?

– Jennifer Caron Molleur

Loup & fuite

Un songe enivrant,
Un instant, un moment,
Cessant le petit cadran.
Un gouffre au goût de soufre,
Un effluve chatouillant le temps.
De cet instant naissant,
Un vent charmant me prend,
M’attend.

Un tourbillon,
Au son de lion,
Au regard perçant du loup,
Au magnétisme de la bête,
M’agrippe et me confond.
Regardons, observons.
Dégustons, tournoyons.
Confondons les songes éphémères,
De cette mer aux couleurs de paon.

Un frétillement de plume,
J’hume cet effluve d’océan,
Dont les récifs emportant,
Chatouillent l’empreinte de cet instant,
Balayé d’un coup de marée,
Ne laissant de trace,
Que l’écho d’un songe ondulant.

-Alexandrine Lebeau

Collège de Rosemont - Nos enseignants

Renseignements
Dounia Saboori
Local F-375 (Carrefour)
514-376-1620 poste 7425
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