Le Collège vu par… Rubis

Rubis est finissante en Technologies d’analyses biomédicales. Le Collège de Rosemont l’a rencontrée afin de discuter de son expérience collégiale.

Cheminement scolaire

Parle-moi un peu de tes intérêts professionnels avant de t’inscrire au Cégep ?

Je suis quelqu’un qui avait des intérêts qui pointaient surtout vers les sciences sociales, l’art et des choses qui n’ont absolument rien à voir avec les analyses biomédicales. J’ai eu l’aide d’Emploi Québec pour me diriger vers un métier qui est très peu connu. Les gens ne savent pas ce qu’est un technicien en laboratoire. Moi-même, je l’ignorais avant de me retrouver ici. Donc c’est à travers les tests d’orientation, avec un employé d’Emploi Québec que je me suis fait dire que mon profil correspondait parfaitement à l’emploi de technicienne en laboratoire. Je ne m’attendais pas à ça et je ne pensais même pas aller au cégep dans ma vie. Je me suis finalement aperçue que j’adore ça et que tout ce qui est biologie médicale et clinique me passionne intensément. Participer à la santé des gens est ce qui m’allume le plus maintenant.

La raison pour laquelle je me suis retrouvée dans les bureaux d’Emploi Québec, c’est que je suis une ancienne décrocheuse qui avait seulement un secondaire 3 en poche. J’ai travaillé longtemps en arts visuels et dans le service à la clientèle à Mont-Tremblant. Éventuellement, j’ai décidé de reprendre ma vie en main et de retourner aux études. Donc dans le corps, j’ai 10 ans d’expérience comme peintre.

Pourquoi as-tu choisi de venir étudier au Collège de Rosemont ?

J’ai choisi de venir à Rosemont, car je trouvais ça facile de déménager à Montréal. C’est une ville qui offre beaucoup de services et qui a un bon transport en commun. Ça a été un hasard de me rendre compte que le Cégep de Rosemont a une excellente réputation dans les hôpitaux à travers le Québec. Durant les journées des employeurs, ceux-ci sont tous très excités d’offrir des emplois spécifiquement aux étudiants d’ici. On en entend parler lorsqu’on fait nos stages dans les hôpitaux et quand on fait des entrevues : les gens adorent les étudiants de Rosemont. C’est quelque chose que j’ai réalisé avec bonheur la première fois que j’ai rencontré les employeurs. Quand j’ai commencé, je suis venue à Rosemont, un peu par hasard, car la vie m’amenait là et je n’aurais pas pu être plus heureuse.

Comment as-tu réalisé que le programme d’Analyses biomédicales était fait pour toi ?

Dans mon parcours avec Emploi Québec, on m’a demandé d’aller faire une journée Élève d’un jour dans un Cégep et de visiter un laboratoire hospitalier. Je suis allée au Cégep de St-Jérôme pour faire ma journée Élève d’un jour. J’ai préféré la journée Élève d’un jour à Rosemont, mais le Cégep de Saint-Jérôme a été très accueillant et ça a été vraiment le fun. C’est surtout quand je suis entrée dans un laboratoire, que j’ai vu le travail que les gens effectuaient, quand on m’a présenté des échantillons humains, quand on m’a dit « veux-tu voir une jambe, il y en a une dans le congélateur » que j’ai dit « Wow ! C’est vraiment ici que je veux travailler et c’est ça que je veux vivre ! »

L’ambiance à Rosemont

Comment décrirais-tu l’ambiance qui existe au Collège de Rosemont ?

L’ambiance au Collège est très différente à celle de l’autre collège où j’ai étudié. L’ambiance n’est peut-être pas globale à tout le cégep, cela dépend des cohortes. Au sein de notre propre cohorte, de notre propre département, on se tient les coudes, on s’aide beaucoup, les professeurs sont extrêmement présents pour nous, on va à la bibliothèque étudier par groupe de 5 à 25 élèves et on s’entraide énormément. J’ai adoré la vie de cohorte, d’être proche de tous mes collègues, de pouvoir partager mon expérience avec eux. C’est quelque chose qui est difficile à saisir. Moi-même, si un étudiant en TAB avait essayé de partager son expérience avant que j’en fasse partie, je n’aurais pas pu comprendre. Je n’aurais pas pu comprendre l’implication, le nombre d’heures, la grande quantité d’apprentissages par cœur, la quantité de préparation pour les laboratoires. Faire partie de cette cohorte, ça fait qu’il y a des gens qui ont le même parcours que toi, qui vivent le même type d’expérience et qui deviennent plus que des collègues, des amis pour la vie, car ils vivent la même chose que toi.

Le programme de Technologie d’analyses biomédicales

Qu’as-tu le mieux aimé de ton programme Technologies d’analyses biomédicales ?

Ce que j’ai le plus aimé en analyses biomédicales, c’est vraiment le travail manuel en laboratoire. Je vais toujours me souvenir de la première fois que j’ai tenu un vrai tube de sang d’un patient dans les mains, car mon professeur me faisait assez confiance pour savoir que je n’allais pas l’échapper et me contaminer. J’aime travailler avec les machines, observer les choses au microscope et commencer à embarquer dans le travail que tu vas faire. C’est beau toute la théorie qu’on apprend, mais un coup à l’hôpital, on ne te posera plus de questions sur le corps humain. On va te demander de faire appel à ton gros bon sens, d’accumuler de l’expérience et de l’expertise qui vont te permettre d’être un filtre efficace dans le domaine de la santé pour t’assurer que rien ne sera échappé.

Quels sont les cours qui t’ont le plus marquée ?

Les cours préparatoires avant de commencer les cours de techniques : Anatomie-physiologie, Chimie des solutions et Chimie organique. Ils sont vraiment excellents et excitants, car c’est à un moment de ton parcours où tu n’es pas assez bon pour être en laboratoire, tu n’es pas assez qualifié pour faire toutes les analyses. Tu apprends alors à découvrir le corps humain, tu apprends à découvrir comment toutes les solutions et les réactifs que tu vas utiliser fonctionnent. J’ai appris que le poumon n’est pas un gros sac vide, à quoi sert un pancréas, car je n’en avais aucune idée, à quoi ressemble une rate. Je n’avais jamais fait quoi que ce soit en biologie, et, je crois que, pour les étudiants qui arrivent du secondaire, c’est la même chose. Tu penses que tu vas aimer ça, mais il te reste encore à le découvrir et à le confirmer. Donc ces cours-là représentent la grande excitation du début et c’est ce dont je me souviens le plus de mon parcours.

Comment décrirais-tu les différents types d’activités d’apprentissage de ton programme ?

Les enseignants dans le programme en général sont des gens qui ont travaillé dans le domaine et qui cherchent à former des collègues efficaces. On sent que, ce qui leur importe le plus, c’est que le jour où on va travailler dans les hôpitaux, on soit qualifiés, qu’ils n’aient pas honte de dire que ce sont eux qui nous ont formés et qu’ils puissent nous faire confiance pour la santé des patients. Par ailleurs, les profs de TAB sont très proches entre eux et ont une belle symbiose entre eux. Récemment, il y a eu un remaniement de programme et tout le monde a mis la main à la pâte pour cela. Il y a eu beaucoup de comités et des réunions toutes les semaines. Ça a impressionné la Direction du cégep de voir tout un département collaborer ainsi sans se nuire. Finalement, il y a une belle collaboration et communication qui se ressent du côté des étudiants.

Quels enseignants ont marqué ton passage à Rosemont ?

Au département, on est très chanceux d’avoir Renée Charbonneau, qui n’est pas une technicienne de laboratoire, mais qui enseigne tout de même dans ce programme. C’est une prof qui a une grande connaissance en tout ce qui est statistique biomédicale et en biologie moléculaire. Elle a également travaillé en recherche pharmaceutique. C’est un génie et on le ressent lorsqu’elle nous enseigne. Ça parait qu’elle ne fait pas que nous lire des notes de cours et une matière qu’elle a apprise par cœur. Elle nous transmet ses connaissances et elle pose des questions très intelligentes qui viennent vérifier si on comprend ce qu’elle nous enseigne. Elle est donc un bijou dans notre département.

Pourrais-tu nous parler de tes implications dans le Collège  ?

J’ai tellement aimé mon programme que j’ai commencé à m’impliquer partout où je le pouvais. J’ai fait partie des comités consultatifs, là où on retrouve les représentants des hôpitaux où ils nous communiquent ce que doit posséder un étudiant comme compétences avant de se retrouver sur le marché du travail. J’ai aussi été représentante de programme où je faisais valoir les besoins de notre programme auprès de l’association étudiante.

Quelle est la spécialité qui t’intéresse en analyses biomédicales ?

Je suis arrivée en TAB en voulant absolument faire de l’histopathologie, ce qui me branchait le plus c’était les humains découpés en morceaux. Je voulais faire des autopsies, je voulais faire des lames de microscopes à partir d’organes et je voulais tenir des organes dans mes mains. J’ai eu la chance de vivre tout ça déjà. Par contre, je me suis aperçue durant mon parcours en stage que la microbiologie est la matière qui, sur le marché du travail, me branche le plus. Faire de l’identification bactérienne, trouver le traitement approprié pour un patient, à quel antibiotique la bactérie va répondre. C’est un gros travail cérébral et ça m’allume vraiment.

Les stages dans le programme

Comment se déroulent les stages ?

À la fin du programme d’analyse biomédicale, on procède à cinq stages dans les cinq spécialités que l’on retrouve dans ce programme : la banque de sang, l’hématologie, l’histopathologie, la microbiologie et la biochimie. Il y a également une semaine qui est consacrée au prélèvement veineux. Tous ces stages s’effectuent dans les centres hospitaliers à Montréal et parfois en périphérie si on est prêt à voyager. C’est le moment de tester nos connaissances, nos compétences, mais aussi notre caractère, notre professionnalisme et notre gestion du stress. Dans la mesure du possible, on choisit nos stages nous-mêmes, mais le Collège essaie d’avoir des stages dans la plus grande variété d’hôpitaux possible, même si c’est limité. Il y a aussi moyen de décider que l’on adore un hôpital et de faire la majorité de nos stages dans le même endroit. Sinon, on peut décider d’explorer un stage dans des hôpitaux différents pour chaque spécialité.

La réussite au collégial

Quels sont tes trucs pour bien réussir une session ?

Comme le programme est extrêmement exigeant, non seulement au niveau du nombre d’heures que l’on va passer à l’école en cours théorique et en laboratoire, mais aussi au nombre d’heures passées à étudier à la maison, il faut connaitre la matière par cœur. C’est important d’abord de se faire des amis et de collaborer avec nos collègues, car on ne se rendra pas au bout seul. Donc, à la fin de la première année, déjà on se rend compte que les gens commencent à se serrer les coudes et à étudier ensemble. En fin de session on est toujours en train d’étudier ensemble, à la bibliothèque ou à la cafétéria.

C’est également important de développer ses propres trucs d’études. J’ai des piles et des piles de « Flashs cards ». Je me fais des enregistrements sur mon cellulaire où je me pose des questions et où je me laisse le temps d’y répondre pour ensuite ajouter les bonnes réponses. Aussi : des notes de cours, des schémas que l’on va accrocher sur les murs devant nous lorsque l’on fait la vaisselle, en face de la toilette pour le voir chaque jour, car on a besoin de se le rentrer dans la tête. Je vais sur Internet, sur des sites qui offrent de faire notre propre jeu-questionnaire et je les refais à répétition jusqu’à l’examen.

La suite après le Collège

Quels sont tes plans pour la suite ?

Maintenant, je termine mon DEC en Technologies d’analyses biomédicales et je quitte Montréal pour Trois-Rivières pour aller à l’UQTR. Cette dernière offre une entente DEC-BAC avec le Cégep de Rosemont en TAB. Donc je vais pouvoir aller obtenir mon baccalauréat en biologie médicale en deux ans au lieu de trois, ce qui est excellent. Ça va également me permettre d’enseigner en biomédical, si le cœur m’en dit. Par contre, je suis une des rares qui continue à l’université. La plupart des gens sont déjà engagés dans leur lieu de stage. Ils sont très excités à travailler rapidement dans un centre hospitalier, dans un département qu’ils ont choisi et qui leur convient. L’université demeure toutefois une option. Il y a les programmes de biochimie, de microbiologie, de biologie médicale et tout ce qui touche de près ou de loin la biologie qui sont ouverts aux gens qui ont étudié dans le programme d’Analyses biomédicales.

Il y a beaucoup de professeurs, ici au Collège, qui enseignent en TAB et qui travaillent à l’hôpital en même temps. Ils font du temps partiel à deux endroits : un dévouement à 100 % aux deux endroits. Cela leur permet de garder leur expertise et leur expérience de terrain et de rester à jour, car c’est un domaine qui est en constant changement. Donc, en continuant le travail à l’hôpital tout en enseignant, ces professeurs-là se tiennent à jour. C’est quelque chose qui m’intéresserait beaucoup : travailler à temps partiel dans un hôpital, dans un domaine comme la microbiologie ou l’hispathologie. Je pourrais ainsi enseigner au Collège de Rosemont dans un département que je connais déjà et que j’adore.

Mot de la fin

Que retiens-tu de ton passage au Cégep ?

De mes années d’études au Collège de Rosemont, je retiens beaucoup de gratitude envers le corps professoral, envers des enseignants tellement dévoués, exigeants, mais juste et aidant. Je repars d’ici avec franchement un peu le cœur gros. J’ai l’impression que je passerais le restant de mes jours dans notre département. Je pense parfois à revenir faire de l’enseignement au collégial tellement j’ai aimé mon expérience. Je retiens beaucoup de la solidarité au Collège de Rosemont.

Si tu pouvais donner un seul conseil à une personne qui commence le Cégep, que lui dirais-tu ?

Le meilleur conseil que je pourrais donner à quelqu’un qui commence en Analyses biomédicales, c’est d’être intense dès la première semaine. Car c’est facile d’avoir l’impression que ça va être facile et de négliger les travaux jusqu’à la mi-session, mais les examens vont nous rattraper tellement vite qu’on va se sentir débordé. Il ne faut donc pas procrastiner. Je conseillerais également de faire comme moi et de participer à la journée Élève d’un jour, d’aller si possible visiter un laboratoire hospitalier même si l’accès n’y est pas toujours facile. Si vous connaissez quelqu’un qui travaille dans le milieu hospitalier, demandez-lui d’aller voir. Essayez de repenser à vos laboratoires au secondaire. C’est sûr que ce n’est pas la même chose, mais si vous étiez quelqu’un qui adorait étudier la vitesse de roulement d’une boule avec ou sans friction ou voir comment les gaz se développent sous l’eau, ça ressemble un peu à ce que l’on va faire. Il faut avoir envie d’avoir une pipette dans les mains, de calculer des volumes de liquides exacts et de faire du travail manuel en laboratoire. En effet, malgré toute l’automatisation qui se développe en laboratoire, c’est quand même un milieu manuel. Finalement, c’est excellent d’aller explorer un peu le programme avant de s’inscrire pour savoir si ça correspond à ta personnalité et à tes intérêts.

Est-ce qu’il y a d’autres sujets que tu souhaiterais partager avec nous ?

Je pourrais peut-être vous parler des quelques options de carrières qui sont moins connues. Quand on a fait Analyses biomédicales et qu’on a acquis deux ans d’expérience en laboratoire hospitalier, on a l’option d’aller travailler pour Médecin sans frontières. On peut aller dans des pays qui sont dans le besoin pour y monter des laboratoires, puis y effectuer des analyses avec des moyens réduits pour des gens qui en ont beaucoup besoin. On peut également aller travailler dans l’armée. Tous les professionnels de la santé sont les bienvenus dans l’armée. Il y a des domaines comme les banques de sang qui sont très importantes dans des contextes de combats. Il y a aussi deux A.E.C qui peuvent se faire après le programme de TAB : la cytothechnologie ou la cytogénétique. C’est un an de plus d’étude, mais il se fait essentiellement à l’hôpital pour aller se spécialiser dans ces domaines. L’Hôpital Maisonneuve-Rosemont a maintenant un centre de thérapie cellulaire, qui est un nouveau type de thérapie très avancée et technologique. Ce centre est indépendant et engage des technologistes médicaux. Finalement, il y a le laboratoire de santé médico-légale qui est relié à la Sureté du Québec qui engage également des technologistes de laboratoire pour les gens qui ont les reins solides et que ça n’inquiète pas de voir des autopsies. En effet, ce sont les techniciens qui procèdent aux autopsies à cet endroit.

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