Une enseignante présente sa recherche en Australie

Du 5 au 7 décembre dernier, Isabelle Jacques, enseignante en Techniques de recherche et de valorisation de données (TRVD) et diplômée du programme depuis 2009, s’est rendue au congrès « Preventing Overdiagnosis » (prévenir le surdiagnostic) de Sydney, en Australie, afin de présenter les résultats de son mémoire de maitrise sous forme de conférence-affiche.

« Je suis malade! » : comment parle-t-on de son diagnostic de trouble de santé mentale et comment ceci oriente-t-il le parcours de rétablissement?

La présentation avait pour objectif d’exposer les résultats de sa recherche portant sur les effets du rapport au diagnostic en santé mentale sur le parcours de rétablissement des personnes. Les résultats illustrent comment ces personnes doivent au quotidien reconstruire un rapport à eux-mêmes et à leur expérience en tenant compte de cette nouvelle définition de soi.

Pour réaliser cette étude, Isabelle Jacques a analysé un corpus de 680 messages publiés sur un forum de discussion web québécois durant l’année 2017. Ce forum offre une plateforme d’échange aux individus concernés par un ou plusieurs diagnostics correspondant aux troubles dépressifs, bipolaires ou anxieux.

Les constats de l’étude indiquent que si le diagnostic encadre trop ou offre trop peu d’encadrement, cela nuit au rétablissement de la personne. Une adhésion forte au diagnostic limite le choix des moyens à l’approche biomédicale (médication et suivis médicaux), ce qui procure aux individus un sentiment d’être démuni lorsque ces moyens échouent. À l’opposé, l’absence d’adhésion au diagnostic présente des profils d’individus davantage démunis et en crise, et où la responsabilité de s’en sortir seul pèse sur la personne. Les discours favorisant un rétablissement optimal dévoilent des profils d’individus qui adhèrent modérément au diagnostic et qui privilégient des moyens variés pour s’en sortir (médication, relations saines, sport, spiritualité, etc.).

À la suite de son étude, l’enseignante conclut que l’accompagnement des individus dans l’annonce du diagnostic doit tenir compte d’un discours où le vécu ne doit pas être uniquement présenté comme étant une « maladie » à traiter. Il doit également mettre l’emphase sur la complexité des parcours et sur la multitude des moyens qui existent pour s’en sortir. Les résultats remettent en question la charge non partagée de la gestion de la santé mentale sur le système de santé.

Les participants au congrès « Preventing Overdiagnosis » sont nombreux à avoir souligné l’excellence de l’étude et espèrent pouvoir suivre le projet qui sera utilisé pour développer une trousse d’outils de sensibilisation aux enjeux du rapport au diagnostic en santé mentale, en collaboration avec le Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec (RRASMQ – http://www.rrasmq.com/rapportaudiagnostic/presentation.php).


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384.A0

Techniques de recherche et de valorisation de données

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