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Poèmes 2014-2015



Godin 2.0 et énumération

Le bruit du vide

Kaléidoscopique descente infernale

 

 

Godin 2.0 et énumération 

 

les agaces pissettes de pénétration double

les faux surpris de décore ta crisse de vie

les scatophages de N-D-G

les retraités qui travaillent

les BS qui travaillent pas

les intégristes qui veulent pas s’intégrer

les gens crétins du Bas-Canada

les placoteux du sénat

les gibelottes d’hôtel de ville

les pourvoyeurs de la misère

dans leur cabinet de saoul-ministre

les pouilleux de mon pays mon taudis

les Elvis Gratton de la fierté natiônale

les fossoyeurs de la souveraineté

toutes les francofolles qui ont voté non

les discours endormitoires de nos aieux d’antan

les nomenclateurs du mobilier social canadien-français

les illusionnistes de la haute finance

les masturbateurs de l’opinion publique

et leur déblatération érectile

les puceaux de la bonne conscience

les endimanchés de l’indignité crasse

les quêteux à but non très lucratif

les raclures de bidet de l’intégrité

la mauvaise haleine de l’honnêteté

les enfirouapés de la vente à pression

de tous ces mangeux de marde

on en a notre maudit voyage

de bâtard de crissetophe colomb

de câlisterine d’hostie

d’évangile va-en-cour pour toujours

du tabarnaque de micmac

de câlisse de peuple à rabais

de calvaire d’I’am Canadian Tired

 

Dominic Bond

 

Le bruit du vide

 

Le vide

accouche des mots

souffles qui naissent du rien

ils crient

des vies pleines de matière

qui s’échappent des barreaux

du néant

un peu trop petit

 

L’espace

contourne et pénètre

les chairs en forme de vies

les traits en forme de mots

il y a du vide

autour et dedans chaque être

autour et dedans chaque lettre

 

Les mots

germent de l’infini

végétaux noirs nés d’une terre blanche

ils ont peur

frissonnent

existent

maintenant

à cause des traits qui cicatrisent la peau blanche

des vierges

 

Les vers

sont extirpés de l’angoisse

pour la rendre tolérable

avant qu’ils ne s’engouffrent de nouveau

dans la pourriture des chairs mortes

dans la fin des choses à dire

 

Après

il ne reste que le vide

encore

il ne reste que le blanc

que le silence

 

Alexandra Bérard

 

Kaléidoscopique descente infernale

                              

Tapie au pied des iris, une mare sanglante : hyphéma

Dans la fente des pupilles s’éclipse le péage : destination Styx

Cortège funéraire du trépas

Hululements de hiboux, hurlements de loups

Sont les funestes nénies, qui percent l’écho ténébreux, le scient

 

Sur le fleuve lugubre, macchabées se font la bascule

Craquements d’os et de chairs, rires hilares clownesques

Rythment les flots de pétrole des abysses halloweenesques

Tels de sinistres pendules fondant, pétrifiant le crépuscule.

Un monstre du Lochness à tentacules simiesques

Fouette la meringue noire de ses moustaches daliesques.

La barque dans les eaux plombées de l’enfer disparaît comme le temps

Dans la lave du Vésuve, ne laissant que cendres comme traces.

 

Derrière sa cape de cils incertains, mon œil tressaute, noirci de suie, tremble et saute

À la corde d’abîme du pendu, liane-échafaud des pas perdus.

 

Épées, les ailes d’un choucas déchirent la robe en toile d’araignée

Que revêt, effrayé, le ciel étoilé.

Lames de plumes grinçantes sifflent sur ma carotide

Damoclès menaçantes, vie suspendue dans le vide…

Dans l’air paralysé, glacé, scintille un regard reptilien

Réel danger, cauchemar de brume ou spectre d’Allen Poe sur la Rhune?

Le regard s’approche. Frayeur. Désir de fuite, rouge qui palpite, perles de sueur

Bouche bée, béante de frissons, frimas de stalactites

Chorégraphiant une claquette, parfum frais d’aster-amygdalite.

 

Mes poils hirsutes tressaillent, le poing de chair sanglante toujours trépide

Canins vampires m’assaillent, me plate-couturisent, la faucheuse se déride

Acouphènes : aboiements de cerbères galeux, crocs-couteaux affamés et baveux

Étranglés par un dantesque Caligula me renversent et percent mon cou tel Dracula

 

Cri primal. Silence morbide. Novembre pend au nez des glaçons morveux

L’alarme sonne, vestige nocturne. Tournis, anneaux-vertige de Saturne

Souffle et voix tranchées, le diable me tend un jus d’urne…

 

Catherine Lavoie